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La forêt rare du mont Saint-Magloire

Sapinière des sommets

artiste: Nadia Berghella

Du fait de l’altitude, le climat régnant sur les hautes montagnes appalachiennes est similaire à celui rencontré quelques centaines de kilomètres plus au nord. C’est pourquoi ces deux milieux sont occupés par une végétation très semblable : la forêt boréale. En vieillissant, ces peuplements de résineux deviennent susceptibles de subir diverses perturbations qui détruisent les vieux arbres et rajeunissent la forêt : chablis, incendie ou épidémie de tordeuse de bourgeons. Ainsi. la forêt boréale se compose naturellement d’une mosaïque de peuplements de différents âges. À ces perturbations naturelles, s’ajoute d’importants dérangements associés à la présence de l’homme, comme l’exploitation forestière qui raréfie les peuplements matures. Les espèces animales ayant pour habitats les peuplements en régénération en sont parfois avantagées. Cependant, celles qui au contraire dépendent des vieilles forêts résineuses pour satisfaire leurs besoins vitaux peuvent être mises en danger.

ICI, au Parc

Au sud du fleuve St-Laurent, la forêt boréale est restreinte à la partie supérieure des hautes montagnes. Les forêts alpines du Massif du Sud abritent des espèces fauniques typiques des immenses étendues de forêt nordique. Une réserve écologique d’une superficie de 535 hectares a été instaurée au cœur du Massif du Sud. Elle est dénommée en l’honneur de Claude Mélançon (1895-1973), naturaliste très actif dans le domaine de la vulgarisation scientifique et de la protection de la nature. Cette réserve inclut le versant ouest du mont Saint-Magloire, le point culminant du parc à 917 mètres. Puisque les coupes forestières y sont proscrites, elle comporte une part de vieux peuplements résineux caractérisés principalement par l’abondance d’arbres âgés, de chicots et d’arbres morts gisant au sol. Ces éléments sont indispensables à certaines espèces fauniques qui les utilisent pour se nourrir, s’abriter et se protéger des prédateurs.

Le saviez-vous?

Certaines espèces d’oiseaux, très peu communes au sud du Saint-Laurent, ont été recensées ici : tétras du Canada, pic à dos noir, bruant fauve, bruant à couronne blanche, moucherolle à ventre jaune, roitelet à couronne dorée, gros-bec errant, bec-croisé des sapins, bec-croisé bifascié, paruline à collier et paruline rayée. Toutes ces espèces subsistent ici grâce à la présence de vieilles forêts résineuses, un habitat raréfié à cause des coupes forestières.

La paruline à collier par exemple, a besoin de lichen arboricole poussant sur les vieux résineux pour construire son nid. Le bec-croisé se nourrit presque exclusivement des graines de conifères qui sont abondantes sur les grands arbres. Le pic à dos noir capture des insectes en perçant des trous dans les troncs de conifères sénescents ou morts.